Prise de risque et transmission du VIH

Parmi les personnes diagnostiquées en 2018, 49 % ont été contaminées par des rapports sexuels entre hommes, 47 % par des rapports hétérosexuels, 1,8 % par usage de drogues injectables et 1,5 % par transmission mère-enfant. 35% des nouveaux diagnostics sont tardifs (lymphocytes T4 <350 ou au stade SIDA) (Source Sciensano).

Le nombre de diagnostics continue de décroître chez les personnes de nationalités belge (-38 % depuis 2012) et africaines (- 43 % depuis 2012). Cependant, entre 2017 et 2018, il y a eu une progression importante des diagnostics chez des personnes de nationalités latino-américaines (+53 %) et asiatiques (+31 %).

  • Existe-il un vaccin ?

Non, des recherches sont toujours en cours, mais aucun vaccin n’a été validé jusqu’à présent.

1. Lors de rapports sexuels non protégés :

    – par pénétration vaginale ou anale avec éjaculation, risque maximum.
    – par fellation, risque faible à quasi nul.
    – par cunnilingus, risque faible à quasi nul.

2. Par contact sanguin :

   – pendant la grossesse ou l’accouchement.
   – entre usagers de drogues injectables qui utilisent la même seringue.
   – entre usagers de drogues qui utilisent la même paille (snifer la cocaïne).
   – au travers d’un contact entre deux plaies saignantes et qu’une des deux personnes est séropositive.
   – par transfusion sanguine (cette dernière possibilité est devenue quasi nulle en Belgique car il y a dépistage systématique des donneurs de sang, par contre dans d’autres contrées le risque réel existe).
   – par don d’organe ou de moelle osseuse.

3. Par l’allaitement maternel :

    – Transmission de la mère à l’enfant. Il faut que les mères s’assurent l’état de leurs seins et surtout de leurs mamelons (craquelés, mastite …). Elles doivent soigner les crevasses, inflammations et autres lésions et vérifier, avant de donner le sein, que les muqueuses buccales (lèvres) de leur bébé soient intactes aussi sans lésions, sans gerçures ou blessures (causées généralement par le muguet buccal).
    – Le virus du Sida se retrouve aussi dans le lait maternel.

  • Que faire une fois infecté.e ?

Il faut réagir le plus rapidement possible car  on peut donner un traitement dans les 48h. Si l’on se rend dans un Centre de référence VIH aux urgences, on peut recevoir un traitement  gratuit. C’est le traitement Post-exposition ou TPE (28 jours de thérapie). Le résultat n’est garanti qu’à 80%.

  • Peut-on embrasser une personne séropositive pour le VIH?

Le virus ne se transmet pas par la salive, ni par les larmes, ni par la sueur. Les baisers, caresses et masturbation sont sans risque. Aucun geste de la vie quotidienne (utilisation des mêmes couverts, sanitaires, essuies, couverts, jouets, etc.) n’est contaminant.

On ne partage pas sa brosse à dent ni son rasoir. On ne partage pas son gode (jouet sexuel) pendant les rapports sexuels. Il faut demander des précautions d’hygiène élémentaires (matériel stérile à usage unique ou désinfecté à chaque utilisation) dans les cas d’usage d’outils servant à percer la peau (tatouage/piercing, perçage des oreilles, acupuncture, soins dentaires).

Du sperme contaminé sur une peau saine sans blessure n’est pas dangereux, par contre une projection de ce sperme dans l’oeil ou sur une muqueuse fragile l’est.

Depistage.be - O'YES ASBL

  • Qu’est-ce que le stealthing?

Le stealthing est une forme d’agression sexuelle. Elle correspond au retrait non consenti du préservatif à l’insu de la/du partenaire. Cette pratique contitue un risque de transmission du VIH et autres IST.

L’article 375 du code pénal belge décrit le viol comme « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit et par quelque moyen que ce soit, commis sur une personne qui n’y consent pas par violence, contrainte, menace ou surprise ».

  • Quelles sont les risques pour les personnes en situation de prostitution?

Les personnes prostituées sont considérées comme des personnes à haut risque individuel. Cela est dû à l’exposition accrue aux pratiques sexuelles non protégées. En effet, les  »clients » demandent/exigent souvent des rapports sexuels sans préservatif aux personnes prostituées. Ces comportements sont à risque pour la personne en situation de prostitution et le client lui-même et participent à la transmission du VIH dans la population.

  • Quelles sont les risques liés à la pratique du chemsex?

Le chemsex est l’utilisation de drogues ou chems (GHB, cocaine, LSD, poppers, kétamine, méthamphétamine, etc.) dans le cadre de rapports sexuels. Néanmoins avoir des rapports sexuels sous l’influence de drogues récréatives n’est pas exclusif aux « chemsexers ». 

Le chemsex implique souvent plusieurs partenaires, des activités de longue durée (des heures voire jours) et des rapports non protégés. Cette pratique est minoritaire et concerne en particulier les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), un groupe considéré à haut risque.

L’utilisation de chems peut intéragir avec les traitements antivéraux (ex: PrEP), augmenter les conduites à risques, ou l’oubli du préservatif et peut mener à une overdose.